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Mais qui y’a-t-il de l’autre côté de la porte ?

Du 18 septembre au 08 novembre s’est tenu à Lille l’exposition Nouveaux monstres. L’ancienne gare Saint Saveur invitait le public a découvrir gratuitement 15 installations interactives. L’une a particulièrement retenu mon intention.

an instrument for the measure of absence

Temporary distortion, an instrument for the measure of absence, William Cusick. (photo :© Julien Dieu - octobre 2009 )

Cette installation singulière est composée d’une porte au fond d’un couloir sombre. Tout l’intérêt de l’oeuvre tient dans le dispositif lui même et dans la théatralisation de l’attente. L’oeuvre n’admettant qu’une personne à la fois, une fil d’attente se crée attirant de + en + de spectateurs curieux.

Derrière la porte se trouve une minuscule cage en bois non éclairée ne pouvant contenir qu’une personne à la fois. La porte doit être fermée : condition sine qua non pour que l’installation s’active. En cas d’intrusion, l’oeuvre s’interrompt.

Sur la paroi parallèle à la porte se trouve un petit orifice au niveau du haut du buste, obligeant le spectateur à se plier. Cette position douloureuse accentue le sentiment d’oppression. Une vidéo est projetée à travers l’orifice, montrant un couloir d’hôtel désert à première vue. Le spectateur est dans une position de voyeur, l’orifice symbolisant un trou de serrure.

Puis au-bout de quelques secondes une silhouette d’une femme asiatique monte doucement un escalier et se dirige très lentement vers le spectateur. Sa robe blanche est immaculée de sang. Cette image est inspirée d’un film fantastique de 1989 : histoires de fantômes chinois. Le personnage s’approche du spectateur qui ne peut pas fuir.  L’angoisse est à son paroxysme au moment où le visage de cette femme se met à regarder dans le même orifice.

William Cusick crée brutalement une rupture en modifiant le visage de cette femme sur un fond d’hurlements inhumains. Puis la vidéo s’interrompt. Le spectateur est dans l’obscurité la plus complète, coincé dans cette cage.

Cette installation joue sur la frontière entre la réalité et l’imaginaire. William Cusick nous donne à voir une situation insoutenable dans notre réalité, mais tout à fait acceptable dans le cadre d’une oeuvre. Le spectateur comprend cette limite et accepte ce jeu éprouvant. Il lutte contre sa propre raison : fuir. Le spectateur est confronté dans cette solitude à ses propres faiblesses et ses angoisses primaires.

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2 commentaires

  1. shigaepouyen dit :

    Brrrr /(/
    Rien que la vidéo me donne des frissons !!!

  2. [...] Ce billet était mentionné sur Twitter par shigaepouyen, Stève Clément. Stève Clément a dit: Mais qui y'a-t-il de l'autre côté de la porte ? http://bit.ly/2yQv8C [...]

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o) ^^ O( @! ??? <( ;D ;) ;( :p :O :I :D :) 8) /) /(/ /( --> (O !!!

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